Manger bio : quel intérêt pour ma santé, quel impact sur mon budget ?

Santé et environnement préservés

Si les surfaces consacrées à la production bio augmentent chaque année, la France reste le 1er utilisateur de pesticides en Europe. Il est temps de se convertir à une agriculture plus durable !

De 2008 à 2012, le secteur bio a doublé en France.

Paniers bio, magasins spécialisés, rayons dédiés en grande surface… L’alimentation bio se démocratise et les consommateurs sont chaque année plus nombreux. Au-delà de l’impact positif de cette agriculture sur l’environnement, sa supériorité nutritionnelle est aujourd’hui démontrée.

Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

Ce mode de production est basé notamment sur la non utilisation de produits chimiques de synthèse et d’OGM, afin de préserver la santé des sols, de l’environnement, et la biodiversité. Les animaux issus de cette filière sont nourris avec des aliments bio et ne reçoivent pas d’antibiotiques ni d’hormones de croissance. 
Le règlement CE n°834/2007 définit les règles de certification bio dans l’Union européenne.
75 % des produits bio consommés en France sont produits en France. Plus de 25 000 producteurs français sont engagés dans l’agriculture biologique et les surfaces certifiées bio augmentent chaque année pour répondre à la demande croissante. 
 

Alimentation bio : quels intérêts ?

De nombreuses études démontrent la supériorité nutritionnelle des produits issus de l’agriculture biologique et leur intérêt pour l’environnement, la biodiversité, etc. 

Une récente analyse de plus de 300 études démontre encore une fois les différences entre production biologique et conventionnelle. Les produits issus de l’agriculture biologique contiendraient en moyenne :

  • - 48% de cadmium, un métal lourd toxique
  • - 87% de nitrites, une substance cancérigène
  • +18 à + 69 % d’antioxydants tels que les polyphénols dans les fruits et légumes

Impact des pesticides sur la santé

La toxicité des pesticides ne se limite pas aux insectes, champignons et autres ravageurs qu’ils sont censés éliminer. Ces produits ont un mode d’action complexe, certains sont des perturbateurs endocriniens, et leur impact sur la santé est démontré : troubles de la reproduction (fertilité…), cancers, troubles du système nerveux, malformations génitales chez les bébés dont la mère a été exposée, etc. Le nombre croissant de pubertés précoces suscite l’inquiétude des pédiatres qui pointent du doigt, études à l’appui, la responsabilité des pesticides (notamment DDT/DDE).

La toxicité des pesticides serait sous-estimée jusqu’à 1500 fois ! Un rapport des associations Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) et Générations Futures dénonce le laxisme des régulateurs européens dans le cadre de l'homologation des pesticides. En effet, l’évaluation des risques liés aux pesticides devrait prendre en compte toute la littérature scientifique (comme l’exige le règlement européen 1107/2009 sur les pesticides) mais la majorité des homologations se base uniquement sur les recherches des industriels. Pour en savoir plus : communiqué et rapport de Générations Futures et Pan Europe.

Consommer bio : quelles motivations, quels freins ?

Les motivations principales des consommateurs sont la préservation de la santé et de l’environnement ainsi que la qualité et le goût des produits. Les fruits et légumes, produits laitiers et œufs bio sont au premier rang des produits achetés . 87% des « non-consommateurs de bio » évoquent le prix qu’ils jugent trop élevé (Baromètre CSA/Agence Bio – Janvier 2015). Il est pourtant possible de consommer bio sans alourdir son budget alimentaire, retrouvez des conseils pratiques dans Je veux agir.

 

Zoom
MENUS TOXIQUES : enquête sur les résidus de pesticides ingérés en une journée.
L’association Générations Futures a réalisé en 2010 une enquête pour vérifier la différence entre produits bio et conventionnels concernant les résidus de pesticides.
Les analyses ont montré qu’en une journée d’alimentation conventionnelle (4 repas + 1 en-cas), un enfant était susceptible d’être exposé à des dizaines de molécules chimiques dangereuses :
  • 128 résidus chimiques avec 47 substances différentes cancérigènes suspectées et 37 perturbateurs endocriniens suspectés
  • 36 pesticides différents dont 17 cancérigènes et perturbateurs endocriniens
La même analyse a été effectuée sur les mêmes menus en version bio. Les résultats d’analyses sont parlants :
  • 0 résidu de pesticides dans les fruits et légumes bio
  • 223 fois moins de résidus de pesticides en moyenne dans les aliments bio que dans les aliments conventionnels
  • 1 seul résidu de pesticide suspecté d’être cancérigènes ou perturbateur endocrinien détecté en bio, contre 17 dans les produits non bio.
Si cette enquête ne prétend pas être parfaitement représentative de l’alimentation des français, ses résultats illustrent bien la nécessité de favoriser une alimentation bio dès que cela est possible.
 

Retrouvez nos conseils pratiques dans Je veux agir pour concilier alimentation bio et petit budget. 

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Dernière mise à jour : 4 mars 2015.

Info/intox
L’agriculture bio n’autorise aucun traitement.
Les produits bio peuvent être contaminés par les cultures conventionnelles à proximité.
Pour limiter les emballages, j’ai intérêt à faire mes courses en boutique bio.
Les produits bio contiennent plus de mycotoxines que les produits conventionnels.